Un rire qui remplit la pièce. Des larmes au moment d’un départ. Des petits poings qui se serrent parce qu’il faut attendre. Un sursaut lorsqu’une porte claque.
Dans une même journée, votre enfant peut traverser des moments très différents. Vous aussi.
Parfois, vous comprenez tout de suite ce qui se passe. D’autres fois, vous cherchez : est-il triste, surpris, en colère, fatigué ? A-t-il mal quelque part ? Plusieurs choses peuvent aussi se mêler.
Dans Je ressens, Tao découvre la joie, la tristesse, la colère, la surprise et la peur à travers de petites scènes du quotidien. Une histoire pour ouvrir un échange, sans demander à l’enfant de tout expliquer.
Regarder avant de mettre un mot
Votre enfant pleure. Vous pensez peut-être qu’il est en colère. Mais il peut être déçu, épuisé ou gêné par quelque chose que vous n’avez pas encore remarqué.
Vous pouvez commencer par ce qui est visible :
« Tu pleures. »
« Tu serres fort tes mains. »
« Tu t’es rapproché de moi quand tu as entendu le bruit. »
Puis proposer un mot, en laissant une place à son ressenti :
« Tu es triste parce qu’ils sont partis ? »
« Ce bruit t’a surpris ? »
Votre enfant peut répondre avec un mot, un regard ou un mouvement. Il peut aussi ne pas répondre.
Le mot reste une proposition pour le rejoindre, plutôt qu’une étiquette posée sur lui.
La joie : lui laisser une place
Dans le livre, Tao rit et partage des moments tendres. Il décrit la joie comme une chaleur dans son cœur.
Avec votre enfant, vous pouvez remarquer ce plaisir :
« Tu souris quand tu le vois arriver. »
« Tu es content de jouer avec elle. »
La joie peut aussi faire beaucoup de bruit. Si quelqu’un se repose ou si le lieu demande davantage de tranquillité, vous pouvez poser un cadre tout en reconnaissant ce moment :
« Je vois que tu es très content. Ici, on parle moins fort. »
Vous pouvez aussi proposer un endroit où bouger davantage, lorsque c’est possible.
Et lorsqu’une maladresse vous fait sourire, regardez son visage. Rit-il avec vous ? Ou semble-t-il gêné ? Un même rire ne se vit pas de la même façon pour chacun.
La tristesse : rester près de ce qui compte pour lui
Dans Je ressens, Tao est triste après un départ. Il se couche, le cœur lourd, puis retrouve une présence tendre.
Un au revoir, un jeu terminé ou un objet perdu peuvent prendre une grande place dans le moment que vit votre enfant.
Vous pouvez reconnaître sa peine :
« Tu aurais aimé qu’ils restent. »
« Ce jouet comptait pour toi. »
Puis lui proposer votre proximité :
« Tu veux venir près de moi ? »
Certains enfants cherchent les bras. D’autres préfèrent rester à côté, tenir une main ou garder un peu d’espace.
Il n’y a pas de câlin à réussir ni de durée à respecter. Vous pouvez être disponible sans imposer le contact, et laisser à sa peine le temps qu’elle prend aujourd’hui.
La colère : accueillir ce qu’il ressent et arrêter ce qui blesse
Dans l’histoire, Tao voudrait un morceau de nourriture qui n’est pas pour lui. Il doit attendre et se met en colère.
Ces moments peuvent rappeler ceux de votre enfant : vouloir quelque chose immédiatement, rencontrer un refus ou devoir interrompre une activité.
Vous pouvez reconnaître sa réaction sans changer la décision :
« Tu voulais l’avoir maintenant. Tu es en colère. »
Si un geste blesse, la limite reste claire :
« Je ne te laisse pas taper. Je vais vous éloigner un peu. »
Vous pouvez protéger chacun tout en restant présente.
Votre enfant n’a pas besoin d’être déjà calme pour être entendu. Et vous n’avez pas besoin de revenir sur votre « non » pour lui montrer que vous l’écoutez.
« J’entends ce que tu voudrais. J’y réfléchirai pour une prochaine fois. »
Lorsque l’émotion prend beaucoup de place, quelques mots peuvent suffire. Vous pourrez reprendre l’échange à un autre moment, s’il s’y prête.
La peur et la surprise : prendre le temps de les distinguer
Une porte claque dans le livre. Tao sursaute : il est surpris. Dans une autre scène, il tombe et dit qu’il a eu peur.
Un mouvement brusque ou des yeux grands ouverts ne racontent donc pas forcément la même chose.
Vous pouvez vous rapprocher et observer :
« La porte a fait un gros bruit. Tu as sursauté. »
« Tu veux que je reste près de toi ? »
Après une chute, vous regardez d’abord ce qui s’est passé et si votre enfant s’est fait mal. Les mots sur l’émotion peuvent venir ensuite.
Et lorsqu’il explore, vous pouvez veiller à sa sécurité avec une phrase claire :
« Je ne te laisse pas monter ici. Je t’aide à redescendre. »
Vous n’avez pas besoin de lui faire peur pour poser une limite.
Une émotion ne raconte pas toute l’histoire
Votre enfant n’est pas « un colérique » parce qu’il s’est mis en colère. Il n’est pas « peureux » parce qu’un bruit l’a effrayé.
Il vit quelque chose, dans un contexte précis.
Sa fatigue, son caractère, ce qu’il vient de traverser, le bruit autour de lui ou l’heure de la journée peuvent changer sa façon de réagir.
Votre propre fatigue compte aussi. Vous ne serez pas toujours disponible de la même manière, et il peut vous arriver de parler plus fort que vous ne le souhaitiez.
Vous pouvez revenir vers lui :
« J’ai parlé fort. Je vais reprendre plus doucement. »
L’accompagnement peut se construire dans ces petits retours, sans demander de perfection à votre enfant ni à vous-même.
Lire l’histoire dans un moment tranquille
Vous pouvez découvrir Je ressens lorsque votre enfant a envie de regarder un livre avec vous.
Sur une illustration, Tao sourit. Sur une autre, il pleure ou attend avec un visage fâché.
Vous pouvez commenter simplement :
« Ici, Tao est content. »
« Là, ils sont partis et il est triste. »
Puis laisser votre enfant regarder, montrer une image ou tourner la page.
Il n’est pas nécessaire de lui demander de reconnaître chaque émotion. La lecture peut rester un moment tendre, avec quelques mots qui trouveront peut-être leur place plus tard dans votre quotidien.
Découvrir « Je ressens »
Je ressens — Dans mon cœur… je ressens ! appartient à la collection Les Aventures de Tao pour les enfants de 1 à 3 ans.
À travers la joie, un départ, l’attente, un bruit soudain et une chute, Tao rencontre différentes émotions et reste accompagné.
Les pages parents prolongent l’histoire autour de la présence, de l’observation et des limites. Deux coloriages permettent aussi de retrouver Tao dans un autre moment partagé.
Un regard, quelques mots, une main proposée… Des pistes pour rencontrer votre enfant dans ce qu’il ressent, sans décider à l’avance de ce qu’il devrait vivre.