L’assiette arrive sur la table. Votre enfant regarde, approche son nez, puis repousse un peu son plat.
« Je n’aime pas. »
Pourtant, il n’a pas encore goûté. Vous avez préparé ce repas, peut-être avec plaisir, peut-être avec la fatigue d’une longue journée. Vous aimeriez qu’il essaie, juste un peu.
Avant de répondre, prenons un instant pour regarder ce qui se passe. Est-ce l’odeur ? La couleur ? Les aliments qui se touchent ? Une texture qu’il connaît déjà et qu’il n’apprécie pas ? Ou simplement un moment où il n’est pas disponible pour une découverte ?
Dans Tao goûte avant de dire non, la rencontre avec les aliments passe par le jardin, les sensations et les échanges en famille.
« Je n’aime plus »… ou « je préfère autre chose » ?
Petit, votre enfant mangeait peut-être beaucoup d’aliments avec plaisir. Puis, en grandissant, il découvre de nouvelles saveurs. Il trouve d’autres choses qu’il apprécie et se met parfois à dire :
« Je n’aime plus ça. »
Mais découvrir une nouvelle préférence ne signifie pas forcément que l’on n’aime plus ce que l’on aimait auparavant. Il peut aimer les carottes autant qu’avant, tout en préférant les pâtes aujourd’hui.
Vous pouvez l’aider à préciser cette différence :
« Tu aimes toujours les carottes, mais tu préfères les pâtes aujourd’hui ? »
« Si c’est ce que tu ressens, tu peux dire “je préfère les pâtes” plutôt que “je n’aime plus les carottes”. »
Aimer un aliment et en préférer un autre peuvent aller ensemble.
L’idée n’est pas de lui affirmer qu’il aime forcément encore. C’est de lui donner des mots pour distinguer ce qu’il aime de ce qu’il préfère, en l’écoutant réellement.
Derrière « je n’aime pas », chercher ce que l’enfant veut exprimer
Cette petite phrase peut aussi raconter plusieurs choses :
« Je ne connais pas. »
« Cette odeur me dérange. »
« Je n’aime pas quand tout est mélangé. »
« Aujourd’hui, je n’en ai pas envie. »
Vous pouvez proposer une question simple, sans transformer le repas en interrogatoire :
« Qu’est-ce qui te gêne dans ton assiette ? »
Ou partir de ce que vous observez :
« Tu regardes les morceaux verts. C’est cela qui te fait hésiter ? »
Votre enfant ne saura peut-être pas expliquer. Un geste, une grimace ou quelques mots peuvent déjà vous donner une piste. Il n’est pas nécessaire d’obtenir une réponse immédiatement.
Et parfois, c’est la préparation qui change son ressenti : une carotte croquante et une carotte fondante ne donnent pas la même sensation dans la bouche.
Découvrir un aliment avec autre chose que la bouche
Dans l’histoire, Tao découvre une carotte croquante, un concombre frais et des fraises qui donnent envie.
Les aliments ont une couleur, une odeur, une forme. Ils font parfois du bruit quand on les croque.
Vous pouvez partager ces observations :
« Tu entends le petit craquement ? »
« Cette feuille est toute souple. »
« Moi, je trouve que cela sent fort. Et toi ? »
Selon son envie, votre enfant peut regarder, sentir ou toucher un aliment avant de décider s’il souhaite le goûter.
Cette rencontre n’a pas besoin de se terminer par une bouchée pour avoir existé. Aujourd’hui, il l’a peut-être simplement laissé près de lui. Une autre fois, il aura une réaction différente.
Dans une famille, on peut avoir des goûts différents
Lorsque les épinards arrivent dans l’histoire, tout le monde ne partage pas le même enthousiasme. Certains les aiment, d’autres ne sont pas encore convaincus.
Cette scène laisse une place aux différences.
À table, vous pouvez exprimer votre propre plaisir sans demander à votre enfant de ressentir la même chose :
« Moi, j’aime ce goût. »
« Tu trouves cela trop mou. Nous ne ressentons pas la même chose. »
Voir quelqu’un apprécier un aliment peut donner envie de le découvrir. Vous pouvez partager ce plaisir sans comparer :
« J’aime comme cela croque sous mes dents. »
Votre enfant n’a pas à aimer ce que toute la famille aime. Chacun peut exprimer ses goûts et ses préférences.
Proposer de goûter, sans faire de la bouchée une épreuve
Le titre Tao goûte avant de dire non ouvre une invitation à la curiosité. Dans votre famille, cette invitation peut prendre une forme douce :
« Si tu veux, tu peux en prendre un petit peu pour découvrir. »
S’il essaie, il peut aimer, hésiter ou ne pas apprécier.
« Tu as goûté. Qu’est-ce que tu en penses ? »
Il n’est pas nécessaire de lui demander de dire que c’est bon. Découvrir un goût et l’aimer sont deux expériences différentes.
Et si votre enfant refuse aujourd’hui, vous pouvez entendre ce refus sans décider que cet aliment sera toujours impossible pour lui.
Garder un cadre clair autour du repas
Écouter son enfant ne signifie pas renégocier chaque élément du repas.
Vous pouvez annoncer simplement ce qui est prévu :
« Ce soir, nous avons préparé ce plat. Ensuite, il y a le yaourt prévu pour le repas. »
Le dessert peut garder sa place dans le repas, sans devenir une récompense à gagner avec une bouchée.
Vous pouvez être claire sur l’organisation tout en laissant votre enfant exprimer sa faim, ses préférences et ce qui lui est difficile.
Lorsque vous avez posé une décision, écouter sa réaction ne vous oblige pas à revenir dessus :
« J’entends ce que tu voudrais. J’y réfléchirai pour une prochaine fois. »
L’essentiel est que vos mots correspondent au cadre que vous pouvez réellement tenir, dans votre quotidien.
Cuisiner ensemble pour rencontrer autrement les aliments
Le livre prolonge l’histoire avec une recette de hachis parmentier aux épinards.
La découverte continue alors avec les mains : mélanger, étaler la purée, ajouter le fromage ou dessiner une forme à la fourchette.
Vous pouvez confier à votre enfant une petite tâche adaptée, avec des ingrédients suffisamment refroidis, loin des ustensiles chauds et coupants :
« Tu veux étaler la purée ? »
« On dessine un soleil dessus ? »
Il touche, observe et participe à sa façon.
Ce moment peut être agréable même s’il ne souhaite pas manger le plat ensuite. Cuisiner ensemble ouvre une autre rencontre avec l’aliment. Sa participation peut rester un plaisir partagé, sans l’obliger à manger ce qu’il a préparé.
Tenir compte du moment que vous vivez
Un repas après une journée chargée n’a pas la même ambiance qu’un déjeuner tranquille.
Votre enfant peut être fatigué. Vous aussi. Le bruit, les odeurs, une contrariété ou un changement dans la journée peuvent prendre beaucoup de place.
Certains jours se prêtent à une découverte. D’autres invitent surtout à faire simple et à retrouver un peu de tranquillité.
Prenez le temps de regarder votre enfant tel qu’il est à cet instant. Ce qui convient à une autre famille, ou ce qui fonctionnait hier, ne correspond pas forcément à ce que vous vivez aujourd’hui.
Et si les difficultés deviennent importantes ou vous inquiètent, vous pouvez en parler au professionnel de santé qui suit votre enfant, comme le rappelle la page parents du livre.
Découvrir « Tao goûte avant de dire non »
Tao goûte avant de dire non appartient à la collection Les Aventures de Tao pour les enfants de 3 à 5 ans.
Du jardin à la table familiale, Tao découvre les aliments à travers leurs couleurs, leurs textures et les réactions de ceux qui l’entourent.
L’histoire se prolonge avec une recette à partager, des pages parents et des coloriages.
Vous pouvez le lire à un moment tranquille, sans le sortir uniquement pour convaincre votre enfant de manger. Les images peuvent ouvrir un échange :
« Lequel aurais-tu envie de découvrir ? »
« Qu’est-ce que tu aimerais préparer avec nous ? »
Une odeur remarquée, une texture explorée, une préférence exprimée, un plat préparé ensemble… La découverte peut prendre plusieurs chemins, selon votre enfant et ce que vous vivez aujourd’hui.